12/10/2008

Au sujet de l'exposition à Marchin

 "Les petits mondes."

J’ai réalisé une petite série de volumes, en utilisant des matériaux modestes, le carton, le papier, la colle et la couleur.

Ces architectures symboliques, tours, maisons, se révèlent comme des sortes de portraits, d’autoportraits décrivant des états psychologiques. 

L’isolement et la prétention, l’enfermement, le désir de s’ouvrir, celui d’être reconnu, vu.

A ces objets, j’ai joint de simples dispositifs ou matériaux capteurs et diffuseurs de lumières et de couleurs, modifiant les limites et les perceptions des volumes, du dedans, du dehors.

En les regroupant, ils forment “Les petits mondes” métaphore d’une urbanisation émotionnelle, un laboratoire d’expériences sensuelles.

Michel Leonardi, mars 2008 

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Sandra,

Lors de mes deux derniers séjours à Paris ,dans ton atelier, nous avons beaucoup travaillé à construire l’exposition destinée à Marchin. Les dessins au crayons de couleurs, sur papier Kozo, et ceux très étirés sur Fabriano, y ont été réalisés. Depuis mon retour je suis dans cette énergie du travail plaisir, et c’est très appréciable.

Les thèmes des dessins ont été élaborés en Turquie, durant les mois de juillet et d’aout. C’est pourquoi l’on peut y voir beaucoup de minarets. Mais aussi des évocations de vieux sites industriels, déjà présents dans les dessins antérieurs. “Les vieilles usines” , sont liées à des souvenirs de mon enfance. Dans les banlieues de Liège, j’avais parfois l’impression que les ateliers étaient déserts, abandonnés. Une menace planait sur le site. Maintenant ce sont les objets dessinés qui sont équivoques et menaçants.

Quand j’ai accrochés ces dessins aux murs à Liège, ils ce sont immédiatement apparentés aux objets/sculptures disposés sur le sol de l’atelier, très naturellement; et j’en suis très heureux.   Michel   septembre 2008

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L’installation « Village de guerre » réduite à l’échelle humaine un tiers, présentée aux Brasseurs en 2004 initie un « Petit monde » où la matrice de l’habitat rêvé se confronte à une invasion d’outils guerriers rendus inoffensifs.

La maison est celle de mon enfance, schématisée. Je lui donne l’aspect d’une guimauve, tel un souvenir  magnifié et réinventé.

Mes recherches se prolongent avec des papiers infusés dans la couleur «Livres et Accumulations ».

Le papier me permet d’esquisser des volumes miniatures constitués de collages, assemblages et empilements. Des zones pavillonnaires sont disposées sur des trames stables et adossées à des espaces silencieux et désertés. Ici s’opère la disparition de l’outil guerrier au profit de la sauvagerie des territoires fragiles.

Ces « bricolages fugitifs » sont présentés à la galerie C. De Vos en 2007 avec le travail de Michel Leonardi.

 

Pour l’exposition du Centre Culturel de Marchin, je construis une friche constituée de maquettes, de dessins peints et d’une pièce articulée. J’emploie des mécanismes simples pour insuffler du mouvement qui tente de matérialiser la dimension du songe. Une urbanisation imaginaire où l’espace devient un doute.

 

“J’aimerais, qu’il existe des lieux stables, immobiles intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources :

Mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l’arbre que j’ai vu grandir (que mon père aurait planté à ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts.

De tels lieux n’existent pas, c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être approprié.”*

 

De notre collaboration avec Michel Leonardi se profile un monde que nous ferons se rencontrer sur un dispositif, attentifs aux espaces, aux rapports d’échelles, aux phénomènes de la couleur.

 

Sandra Ancelot

octobre 2008

*Espèces d’espaces, Georges Perec (Galilée, 1974)

 

 

Cher Michel

Le doute devient enfin un moteur pour mon travail. L’errance fut longue et étonnamment fructueuse de collectes qui affirment l’écriture des dessins. Ton accueil et ta patience furent vastes. Tes visites à l’atelier, nos journées dessinées, les carnets partagés ont consolidé nos recherches.

 De nos idées les plus folles d’occupation du territoire de Marchin, je regrette que nous n’ayons pu faire livrer pour le vernissage, à côté du kiosque à musique les cinq tonnes de soufres. Une montagne de soleil à laquelle nous aurions mis le feu, un feu de joie pour exhumer toutes les souffrances de la région.

J’ai grande hâte que nous soyons au montage de l’exposition pour que nos pièces s’amusent dans l’ancienne école de Marchin.

Sandra

octobre 2008

 

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